L'histoire de la Maison Laurent-Perrier en détails | Plus de Bulles
Elu meilleur caviste Gault & MillauLivraison 24HUn conseil ? 09 75 18 60 26

La maison de champagne Laurent-Perrier est l’une des plus connues, pourtant elle est aussi l’une des plus réussie. Si tout débute au milieu du XIXe siècle avec l’établissement par Alphonse Pierlot d’une petite maison de champagne à Tours-sur-Marne, village qui est aujourd’hui encore le camp de base de la maison Laurent-Perrier. L’affaire d’Alphone Pierlot vivote tranquillement avant que celui-ci ne la lègue à son chef de cave, Eugène Laurent, et à son épouse Mathilde-Emilie Perrier. Eugène Laurent est un vigneron atypique, qui aime à explorer, à innover, à dépoussiérer. Il jour avec les règles figées de l’assemblage et du dosage champenois. Tel un alchimiste, il manipule les terroirs et les cépages, et en 1887, il invente ce que l’on appelle aujourd’hui le Brut Nature, un Champagne sans ajout de sucre. Ce sera sa dernière audace, certainement la plus belle. Il décède quelques mois plus tard. Son épouse reprend les rênes de la maison, et au début du XXe siècle, la maison produit 300 000 bouteilles par an, une quantité considérable qui place Laurent-Perrier parmi les plus importantes maisons de la région.

Les plaies de la guerre

La première guerre mondiale va faire d’importants dégâts en Champagne, balafrant les vignes, éventrant les caves crayeuses, chahutant l’économie. Lorsqu’en 1925 Mathilde Perrier meurt, sa fille Eugénie se retrouve à la tête d’une maison empêtrée dans la crise économique, engluée dans une période où l’on court plus après le pain qu’après le champagne. Etranglée financièrement, Eugénie cède la maison de ses parents, à Marie-Louise Lanson de Nonancourt. Elle va dirigé pendant plusieurs années à la destinée de la maison, la remettant sur les rails. Elle va redonner un second souffle à la marque et préparer ses fils à prendre sa succession. Mais la seconde guerre mondiale éclate Maurice et Bernard de Nonancourt partent au front, tandis que Marie-Louise cache 10 000 caisses de champagne derrière un mur des caves de la maison de Tour-sur-Marne pour préserver son affaire des soldats de la Wermarth. Maurice de Nonancourt est fait prisonnier par les Allemands et décèdera dans le camp de concentration d’Oranienbourg. Bernard de Nonancourt connaitra une fin de guerre bien plus heureuse. Sergent au sein de 2e division blindée du Général Leclerc, il entrera dans la cave privée d’Hitler où il découvre entre autres des bouteilles de champagne Salon, dont il avait assisté au vol 5 ans plus tôt.

L’œuvre de Bernard de Nonancourt

Après la guerre, Bernard de Nonancourt doit prendre la tête de la maison Laurent-Perrier, mais avant cela, sa mère lui impose un passage par tous les étapes du métier de vigneron, du travail de la vigne, à la commercialisation en passant par l’assemblage et le dégorgement. Le jeune homme est accueilli dans des maisons amies de la famille, le champagne Delamotte et le champagne Lanson. En 1949, il est enfin prêt à prendre les rênes de la maison et à la guider vers les sommets. Il va consacrer sa vie entière à faire de Laurent-Perrier l’une des plus grandes maisons de Champagne, en s’appuyant sur quelques principes forts qui font aujourd’hui la signature de la marque. Il a ancré le style de la maison dans la fraicheur, la légèreté et l’élégance, dessinant des cuvées insouciantes, élaborée en large partie à partir de chardonnays. La maison est également l’une des premières à remplacer les cuves en béton par des cuves en acier inoxydable permettant au vin de conserver fraîcheur et complexité. Bernard de Nonancourt va aussi réinstaller l’innovation au cœur des chais, habité par la certitude que le champagne doit se mouvoir et se réinventer pour rester le symbole qu’il est aujourd’hui. C’est aussi que des caves de Tours-sur-Marne sortiront l’Ultra Brut, un champagne sans ajout de sucre, un champagne Rosé non millésimé, ou encore une cuvée de Prestige construite non pas à partir d’un seule millésime d’excellence, mais à partir des 3 meilleurs millésimes disponibles. On retrouve aussi cette exigence et cette quête de l’excellence dans la vinification parcellaire pratiquée par la maison. Chaque vigne est travaillée à part afin de proposer au chef de cave une palette très large d’arômes, de terroirs et de styles pour ses assemblages.