Ecrit par Marie Servagnat le 9 novembre 2013


Les produits labellisés bio deviennent de plus en plus nombreux sur le marché. Que ce soit dans les domaines de la santé, des vêtements et de la nourriture (artisans et géants de la distribution), rien n’échappe à cette volonté des marques et ces besoins des consommateurs, qui changent et évoluent au côté des sujets d’actualités et de prise de conscience que sont la protection de l’environnement et de l’Homme et du développement durable.


Le champagne n’échappe pas à cette volonté grandissante. Passé de « mode » à « nécessité », ce comportement permet aussi d’y voir plus clair dans les méthodes de fabrication de notre boisson à bulles préférée et de l’ascension de plus de bulles bio.


Vin Bio • est un vin produit à partir de raisins issus de l’agriculture biologique, et selon la définition officielle, il s’agit donc d’une production agricole qui n’utilise pas de produits chimiques de synthèse afin de resepcter au mieux les sols et les terroirs de la Champagne.


Vin Biodynamique • l’agriculture bio-dynamique existe depuis les années 1920, tient compte des relations entre les éléments naturels, pour soigner la Terre et régénérer les sols. Les agriculteurs bio-dynamistes, grâce à la fumure et/ou à des préparations à base de plantes médicinales et de minéraux, travaillent dans ce sens […], à respecter les rythmes de la Terre et du cosmos.


Le champ’ bio : juste une mode ?


Si l’on tient compte de toutes les contraintes d’une viticulture de qualité dans un climat difficile, il est indéniable que la chimie a toujours été d’un grand secours. La bouillie bordelaise a beau toujours être utilisée, les lois des marchés et du capitalisme ont aussi apporté des changements, non pas sans conséquence.


Les recherches des universitaires et de la science, a aussi placé le Champagne au sein d’enjeux importants. Quand bien même les organismes officiels s’inquiétaient depuis plusieurs années à la pollution des sols, de nombreux producteurs démontraient régulièrement que la « viticulture bio » (ou « viticulture biodynamique ») était non seulement viable, mais donne un raisin de qualité en étant sans conséquence négative mais bien une nouvelle gageure, un retour aux sources.


Des viticulteurs toujours plus soucieux


Le Champagne bio n’est pas une tromperie et il est bon de se pencher sur ceux qui sont déjà certifiés ou qui choisissent de travailler dans ce sens, sans forcément faire l’objet d’un label.


Il est évident qu’une « labellisation bio » (Labels : AB, Demeter, Biodyvin, Nature et Progrès) existe et qu’elle peut (doit) être un gage de qualité.


Son obtention affichée (pas toujours évidente à obtenir) ne doit pas laisser des maisons de champagne de côté, de celles qui travaillent dans le bio/bon sens, sans forcément le revendiquer. Les labels existants ne se préoccupent que de l’élevage des raisins ! Et non pas de la vinification !


Ce qui signifie en théorie, que le vigneron peut donc utiliser tout type de produits lors de sa vinification. C’est là que se joue la volonté et la conscience du viticulteur qui veut obtenir un produit au top du bio. Dans une volonté d’harmoniser le label bio à l’échelle de l’Europe, dès juin 2010, un nouveau label sera apposé. La commission européenne s’est donc attelée à la question de la vinification biologique afin d’établir un cahier des charges complet et aboutir à la définition d’un vrai « vin bio », de la culture du raison à sa vinification. Des règles européennes sont en discussion depuis fin juin 2009 entre les 27 États membres dans le cadre du Comité permanent de l’Agriculture biologique.


De nombreux viticulteurs travaillent en biodynamie depuis longtemps sans pour autant encore être sous la joue du label. Produit d’exportation importante, le champagne doit répondre de plus en plus à une demande de champagne issu de raisins sans désherbants ni produits chimiques.


Le champagne bio : un label de qualité ?


Il est aujourd’hui facile de constater (et Internet y est pour beaucoup) que les viticulteurs manifestent plus d’intérêt, même si le nombre d’exploitations « bio » n’est pas encore spectaculaire, son nombre est tout de même en nette augmentation depuis deux ou trois ans.


Un sol traité par des produits chimiques ne reste pas indemne et dans la région champenoise ce sont des années de déversement du produit des décharges urbaines, notamment parisiennes qui ont aussi sensibilisés les viticulteurs.


L’excès de désherbants chimiques épandus par hélicoptère est une opération malheureusement presque dans la normalité. Mais heureusement, la conversion en bio gagne du terrain et met en valeur des maisons de champagne soucieuses et valorisant un travail qui n’est pas si récent que ça.


Rappelons au passage qu’une société dans laquelle où la pseudoscience et les fantaisies ésotériques sont parfois considérées comme étant la réalité, n’omettons pas de bien vérifier les arguments mis en avant lorsque l’on fait un achat champagne bio ou biodynamique.


La meilleure des solutions est encore de se fier à ses goûts, car n’importe qui pourrait (et est en droit) de se poser la question de savoir si une étude correctement contrôlée a été faite pour comparer les vins biodynamiques et non biodynamiques entre eux. Une chose est sûre, un vin de bonne qualité ça peut se reconnaître, qu’il soit bio ou non. Et aussi, le prix n’est pas toujours le signe, l’indicateur. Bio, biodynamique ou ni l’un ni l’autre, un vin de champagne doit être fait dans le respect et l’art. Allez visiter ce site du vignoble Serge Mathieu avec une introduction sympathique sur le thème du bio « To Bio or not to Bio ? ».


Quelques pionniers…


Pour l’exemple, en même temps que la crise et que cette montée du bio dans le champagne, Carrefour propose des champagnes régulièrement à moins de 16€ et cautionne déjà deux cuvées bio signées Fleury. Aussi, l’entreprise Cora se converti à son tour au champagne aux raisins issus de l’agriculture biologique sous sa marque propre Charles d’Harleville. L’habillage de cette nouveauté adopte l’étiquette classique de Charles d’Harleville, mais en y ajoutant le logo AB. Par contre, ce champagne bio se positionne à 5 € plus cher que la cuvée brute standard de la même marque, soit 19,95 €.


Parmi les pionniers et les viticulteurs soucieux, on trouve : la Maison Beaufort avec son premier champagne bio dès 1974 – mais aussi les Maisons Bedel, Gautherot, Jean-Pierre Fleury, Pascal Agrapart, Larmandier-Bernier, Franck Pascal, Catherine et Bruno Michel, Erick De Sousa, Drappier ; ou les reconversions (évolutions) de certaines maisons comme Leclerc-Briant ou Pommery ; ou comme la Maison de champagne De Sousa et sa récente labellisation « bio » bien méritée !


Bio, Biodynamie ?


C’est donc avec plein de bonne volonté qu’il faut découvrir les champagnes bio et se faire sa propre idée, en découvrant aussi la qualité du travail du viticulteur qui se cache derrière sa volonté de faire un bon champagne en accord avec son environnement.


C’est aussi une manière de faire en sorte que l’aventure continue et que les générations futures continuent à pouvoir savourer toujours plus de bulles de champagne – avec bio-modération bien entendu ! Et à la question Boire du champagne bio ou pas bio ? Je dis oui (pour les deux) ! Qu’il soit bon et fait dans le respect !


Liens • Maison de l’Agriculture biodynamiqueLe bio en Champagne-Ardenne