Ecrit par Marie Servagnat le 16 novembre 2013


Cela fait un moment que je voulais vous parler de sushis et champagnes, ne serait-ce que pour la mode grandissante des sushis et pour mon intérêt aux mariages subtiles de la cuisine japonaise et des vins français. Pour être allé à plusieurs reprises au Japon, c’est en France que j’ai attendu de pouvoir confirmer l’expérience de faire la rencontre Sushi & Champagne.


Lors de mes résidences au Japon pendant plusieurs semaines, j’ai observé que les boissons japonaises phares, en dehors de leurs fameux et incontournables thés (Sencha, hojicha, …) et qui va à peu près avec tout, sont : la bière, le saké, l’Umesho (vin de prune royale) et même parfois du Scotch ! À une occasion mémorable, sur l’île de Shikoku, j’ai eu l’occasion de déguster une bouteille de Mouton Rothschild avec des Nigiri, et personnellement je n’ai pas été fan de ce match particulier.


Saké et bière sont toujours les bons choix dans un bar à sushi. Un vin non tranquille semble vraiment se marier à merveilles avec les algues et les variétés de poissons que proposent les cartes des sushi-bar bien achalandées, mais il est difficile de trouver du Champagne dans les restaurants de sushi bon marché et c’est au risque de le payer un peu cher.


Le mariage Sushi et Champagne me chatouillait quand même et j’ai craqué en dénichant un champagne Bollinger Brut Rosé sur place, dans une échoppe du quartier de Shibuya à Tokyo (un quartier très tendance, mais cher !). En effet, les champagnes rosés vont très bien avec les sushis mais aussi la cuisine épicée (voir un article sur l’accord champagne et épices).


Sushi & Champagne


La cuisine japonaise et le Champagne sont vraiment en parfaite équilibre, et sans jouer l’apprenti chimiste, j’émettrais l’hypothèse (déjà entendu dans la bouche de certains spécialistes de la bulle) que la teneur élevée en levure de Champagne à la fois et la sauce soja (intimement liée et présente) explique en partie cette compatibilité, tout aussi compatible qu’un Chablis avec des huîtres.


Le problème de trouver du Champagne dans un sushi-bar sera moins périlleuse en France, mais reste à voir le prix que l’on vous proposera, histoire de ne pas se mettre à découvert juste pour un repas !


Le mieux est de prendre un peu de temps, en concoctant soigneusement ses propres sushis à la maison (la meilleure solution) ou d’aller chercher vos sushis chez un traiteur japonais (un vrai japonais de préférence, ou alors éviter les chaînes de restauration très en vogue, dont leurs sushis sont généralement surgelés et au fond très décevant pour un aficionados).


Pour les types de champagnes ou de vins à conseiller avec les sushis, je vous suggère les vins plutôt épicés et un tantinet sucrés d’Alsace (Gewurztraminers, Pinot gris) et leurs comparses du reste du monde (Gewurzs allemands, Torrontes argentins) restent les meilleurs choix.


Sinon, les moins aisées ou les plus malins pourront se payer un champagne pas cher, sans compter la bière belge qui se marie vraiment très bien.


Enfin, comme le problème majeur de la synergie vin-sushi reste, selon moi, la sauce soya et le wasabi, je vous conseille de ne pas faire baigner vos sushis dans la sauce ! Allez-y doucement et tremper ou faire lécher délicatement un seul côté de votre sushi (en général la partie poisson, car le riz trop baigné risque de briser le sushi). Vous goûterez ainsi davantage les saveurs du sushi lui-même et l’accord avec le vin n’en sera que plus agréable.


Et pour ce qui est d’apprendre à faire des sushis, ce n’est pas si compliqué de mettre un pied dans les bases culinaires japonaises, il s’agit surtout d’être méticuleux, d’avoir les bons produits et des couteaux bien affûtés !

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